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Acte de Désolidarisation Notaire : Tout Savoir sur la Procédure

Tika septembre 17, 2025 13 min de lecture

Vous venez de vous séparer de votre conjoint et vous cherchez à vous libérer du prêt immobilier que vous aviez contracté ensemble ? Vous avez entendu parler de la désolidarisation mais vous ne savez pas vraiment ce que cela implique concrètement ?

C’est vrai qu’entre les démarches administratives, les frais de notaire et l’accord de la banque à obtenir, tout ça peut paraître complexe au premier regard.

Pourtant, la désolidarisation d’un prêt immobilier est une démarche tout à fait possible, même si elle demande de respecter certaines étapes et de bien préparer son dossier. Dans cet article, vous allez comprendre comment fonctionne cette procédure, quels sont les coûts à prévoir et surtout les solutions qui s’offrent à vous si votre banque refuse votre demande.

Alors, prêt à démêler tout ça ? C’est parti !

Qu’est-ce que la solidarité entre co-emprunteurs et pourquoi se désolidariser ?

Quand vous contractez un prêt immobilier à plusieurs, vous devenez automatiquement solidaires devant votre établissement bancaire. Cette solidarité signifie que la banque peut réclamer la totalité du remboursement à n’importe lequel des emprunteurs, peu importe la répartition que vous avez convenue entre vous.

Concrètement, si votre ex-conjoint ne paye plus ses mensualités après votre séparation, c’est vous qui devrez assumer l’intégralité du remboursement du crédit. Même si vous aviez prévu de partager les charges à 50-50, cette répartition n’est pas opposable à la banque.

La désolidarisation vise justement à libérer l’un des co-emprunteurs de cette responsabilité solidaire. Une fois la désolidarisation obtenue, seul le repreneur reste engagé vis-à-vis de l’établissement prêteur.

Cette démarche s’avère particulièrement utile dans plusieurs situations :

  • Lors d’un divorce ou d’une séparation quand l’un des deux garde le bien immobilier
  • Quand l’un des emprunteurs souhaite se désengager financièrement du projet
  • En cas de difficultés financières de l’un des co-emprunteurs
  • Pour permettre à l’emprunteur qui se retire de retrouver sa capacité d’emprunt

Attention, la désolidarisation ne se fait pas automatiquement. Même si vous signez un accord entre vous stipulant que votre ex-conjoint reprend seul le crédit, cet accord privé ne vous protège pas vis-à-vis de la banque. Il faut impérativement obtenir l’accord formel de votre établissement prêteur.

Quand l’acte notarié est-il nécessaire ? Rôles et portée de l’acte de désolidarisation

L’acte de désolidarisation notaire intervient quand la désolidarisation s’accompagne d’un changement dans la propriété du bien. Si l’un des co-emprunteurs rachète les parts de l’autre (rachat de soulte), cette opération doit obligatoirement être formalisée par un acte authentique chez le notaire.

Cet acte notarié a plusieurs rôles essentiels :

  • Formalisation juridique : il acte officiellement le transfert de propriété
  • Valeur probante : l’acte authentique fait foi devant les tribunaux
  • Publicité foncière : l’acte est publié au service de publicité foncière pour être opposable aux tiers
  • Protection des parties : le notaire vérifie la validité juridique de l’opération

Le notaire va également s’occuper de calculer les droits de mutation à payer et de vérifier que toutes les conditions sont réunies pour que la désolidarisation soit effective.

Dans le cadre d’un rachat de soulte, l’acte notarié précisera la nouvelle répartition de la propriété, le montant de la soulte versée et les modalités de remboursement du prêt. Il peut aussi contenir des clauses spécifiques concernant l’assurance emprunteur.

Il faut bien comprendre que l’acte notarié seul ne suffit pas à vous désolidariser vis-à-vis de la banque. Il formalise la nouvelle situation patrimoniale, mais la banque doit donner son accord séparément pour accepter de libérer l’un des co-emprunteurs de ses obligations.

Étapes pratiques pour obtenir la désolidarisation

Pour mettre toutes les chances de votre côté, la demande de désolidarisation doit être soigneusement préparée et suivre une procédure précise.

1. Préparation du dossier

Avant de contacter votre banque, rassemblez tous les documents qui prouvent la solvabilité du repreneur :

  • Les trois derniers bulletins de salaire
  • L’avis d’imposition le plus récent
  • Les relevés de comptes des trois derniers mois
  • Le contrat de travail ou attestation employeur
  • Un état du patrimoine (biens immobiliers, placements, etc.)

La banque va étudier la capacité du repreneur unique à assumer seul le remboursement du crédit. Plus son dossier sera solide, plus vous aurez de chances d’obtenir un accord.

2. Rédaction de la lettre de demande

Votre lettre de désolidarisation doit être envoyée en recommandé avec accusé de réception. Elle doit clairement exposer votre demande et les raisons qui la motivent.

Voici les éléments essentiels à mentionner :

  • Vos coordonnées complètes et le numéro de prêt
  • L’objet précis : demande de désolidarisation
  • La situation qui justifie cette demande (séparation, divorce, etc.)
  • L’identité du repreneur unique
  • La demande d’étude de solvabilité

3. Étude bancaire

Une fois votre dossier reçu, la banque dispose généralement de 1 à 6 mois pour étudier votre demande, selon l’établissement. Elle va notamment vérifier :

  • La capacité de remboursement du repreneur
  • Son taux d’endettement (généralement limité à 35%)
  • La stabilité de ses revenus
  • Son historique bancaire

La banque peut demander des garanties supplémentaires comme une caution ou une hypothèque sur un autre bien pour sécuriser le prêt.

Coûts à anticiper : frais de dossier, frais de notaire et autres

La désolidarisation génère plusieurs types de frais qu’il faut anticiper dans votre budget.

Frais bancaires

Les frais de dossier pour l’étude de votre demande varient généralement entre 150€ et 500€ selon l’établissement. Ces frais sont dus même si la banque refuse finalement votre demande.

Si la désolidarisation implique un remboursement anticipé partiel, des indemnités de remboursement anticipé (IRA) peuvent s’appliquer. Elles sont généralement plafonnées à 3% du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, selon votre contrat.

Frais de notaire

Quand il y a rachat de soulte, les frais de notaire représentent un poste important. Ils se calculent sur la valeur de la soulte :

Age du bien Pourcentage des frais
Bien neuf (moins de 5 ans) 2 à 3%
Bien ancien 7 à 8%

Par exemple, pour un rachat de soulte de 50 000€ sur un bien ancien, comptez environ 3 500€ à 4 000€ de frais de notaire.

Adaptation de l’assurance emprunteur

L’assurance emprunteur doit obligatoirement être adaptée à la nouvelle situation. Si le repreneur unique n’était pas couvert à 100% initialement, il faudra augmenter sa quotité d’assurance, ce qui peut générer un surcoût mensuel.

Certains assureurs peuvent également demander un nouveau questionnaire de santé si la couverture change significativement.

Que faire si la banque refuse ? Les alternatives possibles

Le refus de désolidarisation n’est malheureusement pas rare. Les banques sont prudentes et préfèrent conserver tous les débiteurs solidaires. Heureusement, plusieurs solutions s’offrent à vous.

Le rachat de crédit par un autre établissement

Si votre banque refuse, vous pouvez faire jouer la concurrence. D’autres établissements peuvent être plus favorables à votre situation, surtout si le dossier du repreneur est solide.

Le nouveau prêt permet de solder l’ancien crédit, libérant automatiquement l’emprunteur qui se retire. Cette solution implique des frais de dossier et parfois des pénalités de remboursement anticipé.

La vente du bien immobilier

C’est la solution radicale mais efficace. En vendant le bien, vous soldez définitivement le crédit et partagez le produit de la vente selon vos accords. Chacun retrouve sa liberté financière complète.

Cette option convient particulièrement quand aucun des ex-conjoints ne souhaite ou ne peut garder le bien.

Les garanties supplémentaires

Pour rassurer votre banque, vous pouvez proposer des garanties supplémentaires :

  • Une caution bancaire ou personnelle
  • Une hypothèque sur un autre bien immobilier
  • Un nantissement (assurance-vie, placements, etc.)
  • Une augmentation de l’apport personnel

Ces garanties peuvent convaincre la banque d’accepter votre demande de désolidarisation.

L’accord privé avec surveillance

Si la désolidarisation est impossible, vous pouvez signer un accord privé avec votre ex-conjoint. Même si cet accord ne vous protège pas vis-à-vis de la banque, il peut prévoir des clauses de dédommagement en cas de défaillance.

Vous pouvez aussi surveiller le bon paiement des mensualités via un accès en consultation au compte de remboursement.

Les recours possibles : médiation, rachat et action judiciaire

Quand toutes les négociations amiables ont échoué, plusieurs recours restent possibles.

La médiation bancaire

Chaque banque dispose d’un médiateur bancaire indépendant. Si vous estimez que le refus de désolidarisation est injustifié, vous pouvez le saisir gratuitement.

Le médiateur examine votre dossier de façon impartiale et peut recommander à la banque de revoir sa position. Ses recommandations ne sont pas contraignantes mais sont généralement suivies.

Pour saisir le médiateur, vous devez d’abord avoir épuisé les voies de recours internes de la banque (service clientèle, responsable d’agence, etc.).

Le changement de banque forcé

Même si votre banque refuse la désolidarisation, elle ne peut pas s’opposer à un remboursement anticipé total par rachat de crédit. C’est un droit de l’emprunteur.

Cette stratégie demande de trouver un nouvel établissement prêteur acceptant de financer le repreneur unique, mais elle permet de contourner l’opposition de la banque initiale.

L’action en justice

En dernier recours, vous pouvez saisir le tribunal. Cette démarche reste exceptionnelle et coûteuse, mais elle peut se justifier si :

  • Le refus de la banque paraît abusif ou discriminatoire
  • Des clauses contractuelles prévoient la désolidarisation
  • La situation financière le justifie (surendettement par exemple)

L’assistance d’un avocat spécialisé en droit bancaire est alors indispensable.

Conséquences sur l’assurance et la capacité d’emprunt future

La désolidarisation a des impacts importants qu’il faut bien mesurer avant de se lancer.

Impact sur l’assurance emprunteur

L’assurance emprunteur doit être entièrement refondue. Le repreneur unique doit être assuré à 100% du capital restant dû, ce qui peut considérablement augmenter le coût mensuel de l’assurance.

Si le repreneur a développé des problèmes de santé depuis la souscription initiale, l’assureur peut appliquer des exclusions ou des surprimes importantes. Dans certains cas, l’assureur peut même refuser la couverture, compromettant la désolidarisation.

Il est donc essentiel de vérifier la faisabilité de l’assurance avant d’engager la procédure de désolidarisation.

Retrouver sa capacité d’emprunt

L’emprunteur qui se retire récupère immédiatement sa capacité d’emprunt complète. Il peut donc financer un nouveau projet immobilier sans être pénalisé par l’ancien crédit.

Cette liberté retrouvée est souvent l’un des principaux motifs de la demande de désolidarisation, particulièrement après une séparation.

Le repreneur unique, lui, voit au contraire sa capacité d’emprunt diminuer puisqu’il assume désormais seul l’intégralité du remboursement.

FAQ : Vos questions sur l’acte de désolidarisation notaire

Quel est le prix d’un acte de désolidarisation ?

Le coût varie selon qu’il y ait rachat de soulte ou non. Sans rachat de soulte, comptez environ 150€ à 500€ de frais bancaires. Avec rachat de soulte, ajoutez les frais de notaire qui représentent 2 à 3% de la soulte pour un bien neuf, et 7 à 8% pour un bien ancien.

Qu’est-ce qu’un acte de désolidarisation notaire ?

C’est l’acte authentique qui formalise le changement de propriétaire quand la désolidarisation s’accompagne d’un rachat de parts. Il acte officiellement le transfert de propriété et doit être publié au service de publicité foncière pour être opposable aux tiers.

Mon ex refuse la désolidarisation, que faire ?

Si votre ex-conjoint refuse, vous pouvez envisager la vente du bien pour solder le crédit, ou maintenir le statu quo en surveillant les paiements. Légalement, on ne peut pas forcer quelqu’un à reprendre seul un crédit solidaire.

Combien de temps pour une désolidarisation ?

La banque dispose généralement de 1 à 6 mois pour étudier votre dossier selon l’établissement. Si elle accepte, ajoutez le temps de préparation de l’acte notarié (quelques semaines) et des formalités administratives.

Peut-on faire une désolidarisation sans passer par un notaire ?

Oui, si il n’y a pas de changement de propriétaire. La désolidarisation pure (sans rachat de soulte) ne nécessite que l’accord de la banque formalisé par un avenant au contrat de prêt. Le notaire n’intervient que s’il y a transfert de propriété.

Que se passe-t-il si la banque refuse définitivement ?

Vous pouvez saisir le médiateur bancaire, chercher un rachat de crédit auprès d’un autre établissement, vendre le bien, ou maintenir la solidarité en signant un accord privé de répartition des charges avec surveillance mutuelle des paiements.

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